02-11-2008 Les risques assumés par les retraités (nouveau)
Les risques assumés par les retraités (nouveau)
Comme retraité(e) des secteurs public et parapublic, le temps est venu de vous parler des risques encourus depuis que j'ai confié au gouvernement mes cotisations à mon régime de retraite. Des député(e)s me disent « Êtes-vous prêts à assumer les risques ? ». Il est clair que vous oubliez ceux que j'ai assumés et que j'assume encore bien involontairement.
Le risque est un danger plus ou moins prévisible qui peut porter préjudice. Et des préjudices j'en vis ! Ces risques dépendent de ceux qui nous ont représentés syndicalement et politiquement. Dans mon régime de retraite, comme retraité(e) et ex-actif, j'assume encore les risques suivants :
- la non-capitalisation des caisses de retraite par le gouvernement alors que la loi des régimes complémentaires de retraite (secteur privé) oblige les compagnies à capitaliser leur régime ; mon gouvernement ne leur donne pas l'exemple ;
- la non-représentation aux comités de retraite, pendant plus de 30 ans ; nous n'avons pas pris part aux décisions ;
- l'absence des retraités au moment des négociations sur cette condition particulière que sont « les régimes de retraite » ; exemple : en 1993, les syndicats ont accepté que la caisse de retraite paie la moitié des frais d'administration ; cette seule mesure coûte actuellement 187,9 millions ;
- les résultats des évaluations fournies par les actuaires qui suivent les règles dictées par le gouvernement ;
- la confiance dans les partis politiques ; en particulier, en 2000, quand les surplus permettaient d'indexer pleinement les rentes de retraite ; le jugement de nos élus fut influencé par les organisations syndicales ;
- la confiance envers les syndicats qui n'ont pas contesté juridiquement la loi 68 de 1982 ; de plus, ils n'ont pas pris les mesures nécessaires pour informer suffisamment leurs membres et les futurs retraités ;
- les risques financiers de l'indexation partielle (IPC – 3 %) (50 % de l'IPC pour les actifs d'après 2000) ; de 10 000 $ à 11 000 $ de pertes financières pour chaque retraité ; les risques financiers futurs continueront d'être assumés par les retraités et les futurs retraités si la situation n'est pas corrigée ;
- le risque d'une hausse inutile de cotisation, en particulier à la fin des années 90 ; j'ai payé 3,26 % de plus que le besoin du moment ; ces cotisations supplémentaires ont généré des surplus actuariels utilisés par les actifs pour des bénéfices futurs, des augmentations de salaire… ;
- le risque des rendements à la baisse : comme en 1990 et 1994.
Tout comme moi, les nouveaux travailleurs assumeront aussi des risques inhérents à leur époque, aux décisions passées et futures. Une campagne de peur auprès des retraités, ainsi formulée, « Êtes-vous prêts à assumer les risques avec les actifs ? » est une stratégie non gagnante et dangereuse pour tout futur gouvernement. Le règlement de ce dossier appartient à nos élus qui en assumeront les conséquences lors des prochaines élections.
Arlette Bouchard
Présidente du RRAME

Commentaires
le 06-04-2009 à 03:43:30
Par contre, nous n'entendons jamais parler de nos représentants syndicaux (CSQ) qui doivent négocier pour nous et sensibiliser les travailleurs actuels face à l'injustice qui se vit depuis 25 ans. Vont-ils favoriser leurs actifs et comme d'habitude fermer les livres sans aucun problème aussitôt que ceux-ci seront satisfaits de leurs conditions de travail. J'étais au travail il y a à peine 3 ans et je n'avais jamais entendu parler des conditions précaires des retraités et pourtant j'étais très active syndicalement. Nous sommes bien loin d'être dans les priorités de nos dirigeants syndicaux.
À quand l'action vis-à-vis notre mouvement syndical..... Je crois que cela représenterait une force de frappe importante auprès de nos élus.
Nicole Montérégie
le 15-11-2008 à 20:43:57
Merci tes textes illustrent le vécu de la majorité silencieuse qui appuie les actions du RRAME.
Je n'ai pas la plume alerte pour exprimer mes frustrations concernant la non indexation de ma rente de retraite. Cependant ce matin, j'ai envoyé un court message à monsieur Charest. En voici une copie.
Bonjour monsieur Charest,
Aujourd'hui, je fête mes 65 ans. Je me permets de faire un souhait qui aiderait les personnes qui ont consacré de nombreuses années auprès de la jeunesse québécoise. "Qu'un gouvernement rétablisse l'indexation de la rente des gens qui comme moi travaillaient dans le secteur public en 1982." Tel est mon voeu.
Quinze ans de sanction pour le reste de ma vie sur 35 ans de travail. Être punie parce que j'ai eu le malheur de naître en 1943 et d'avoir choisi la profession d'enseignante. Je trouve que c'est énorme pour quelqu’un qui paie des impôts et qui a contribué monétairement à ce que l'on nommait l’assurance chômage etc.
Monsieur Charest, si vous êtes encore au pouvoir en 2009, est-ce dans ce mandat que vous corrigerez la situation?