31-01-2012 Quand les augmentations de salaire proviennent davantage des fonds de retraite que de l’employeur
Quand les augmentations de salaire proviennent davantage des fonds de retraite que de l'employeur
Le gouvernement est un fin comptable. Il leurre ses salariés qui voulaient une négociation dans la paix sociale. Ils l'ont obtenue, mais à quel prix ? Les retraités de maintenant vivent les conséquences d'une loi injuste adoptée en 1982 qui engendre des pertes financières importantes. Une rente de retraite qui perd 10-15-20 % de sa valeur, est-ce acceptable ?
Employeur très astucieux, le gouvernement a réussi à négocier des augmentations de salaire qui sont payées en partie par les régimes de retraite. De 2010 à 2014, le taux requis de cotisation au RREGOP devait être de 10,08 %, mais le taux perçu sera beaucoup moindre comme le démontre le tableau suivant.
Augmentation salariale réelle en partie payée par le fonds de retraite
qui appartient autant aux retraités qu’aux salariés
Taux requis Taux négocié Baisse de Augmentation Augmentation
de cotisation en 2010 cotisation salariale salarielle réelle
2010 10,08 % 8,19 % 1,89 % 0,50 % 2,39 %
2011 10,08 % 8,69 % 1,39 % 0,75 % 2,14 %
2012 10,08 % 9,19 % 0,89 % 1,00 % 1,89 %
2013 10,08 % 9,69 % 0,39 % 1,75 % 2,14 %
2014 à venir à venir 2,00 %
Données de l’entente syndicale 2010
Cette façon de procéder permet au gouvernement de comptabiliser moins d'emprunt au régime de retraite de ses employés. Les salariés n'y voient que du feu, bien contents de débourser moins pour leur régime de retraite. Le gouvernement se donne ainsi des congés rentables de cotisation. De 2000 à 2014, il se sera accordé 12 ans de baisses et de congés de cotisation. Il est mort de rire. Douze ans pour un salarié, c'est presque la moitié d'une carrière !!!
Par exemple, pour l'année 2010, l'augmentation salariale fut de 0,50 % et le congé de cotisation fut 1,89 %, 4 fois plus que l'augmentation de salaire. Est-il normal ?
Lors des audiences publiques sur le projet de loi 23, madame Courchesne déclarait qu'elle voulait protéger le : «…pouvoir d'achat etc., de nos jeunes familles …». Des paroles mielleuses qui handicaperont les futures rentes de retraite des parents. Un salaire moins élevé et moins de cotisation donneront des rentes plus minces et un avenir incertain.
Une caisse de retraite appartient autant aux retraités qu'aux salariés. Contre leur volonté, les retraités financent les salaires des travailleurs pendant qu'on fait faussement la publicité que les jeunes paient pour les vieux. Zéro pourcent d'indexation depuis 1993. Comment peut-on faire face aux nombreuses augmentations des biens et services ?
Les futurs retraités réaliseront trop tard que leur rente ne sera pas indexée au coût de la vie.
Arlette Bouchard
Présidente du RRAME
